Dimanche 20 novembre 2005 7 20 /11 /Nov /2005 15:58

Madonna revient à ses sources, le disco et le dance floor, pour offrir à ses fans de la première heure le plus beau des cadeaux, un album 100 % dance, véritable synthèse d’une carrière, parfumé de nostalgie et diablement puissant.

 

 

 

Après l’insuccès relatif d' american life (bide notoire aux States mais succès conséquent chez nous) qui l’avait conduite aux frontières de la pop folk acoustique, la madone réclame sa revanche. Elle a rangé ses joggings Adidas, sa guitare sèche et son discours anti-Bush pour revêtir la peau d’une diva des clubs. Ce qu’elle a été pendant très longtemps. Rajeunie avec son look à la Farrah Fawcett, elle retrouve enfin le plancher des discothèques, délaissé pour les centres kabbalistiques, les couches et les manoirs bourgeois britanniques, à l’occasion d’un album savoureux qui brasse toutes les plus grandes tendances dance des années 70 et 80, d’Abba à Moroder en passant par... Madonna herself ! Il est en effet impossible, en découvrant Confessions on a dance floor, de ne pas penser à son premier album éponyme, l’un des meilleurs dans son genre, qui allait l’imposer en 1983 comme l’une des grandes figures de la scène new-yorkaise. Elle était si jeune et si rebelle à l’époque... Son goût inné pour la provocation, à la fois naïf, spontané et calculé, était alors le reflet d’une décennie où le show business, "MTvisé", connaissait une croissance sans précédent et où tous les excès permettaient de s’attirer l’attention internationale. Tout était alors possible pour elle. On en est revenu, et Madonna, qui a trouvé son rayon de soleil dans la maternité et la spiritualité, s’est depuis métamorphosée en icône intouchable, enlisée dans le luxe et les contraintes boursières qui lui sont imposées par sa maison de disques et ses actionnaires. Elle s’est quelque peu détachée de ses fans et, de manière très professionnelle, s’est résignée à changer de look et de style à chaque album pour satisfaire les besoins d’un marché toujours en évolution, et ainsi correspondre à ce mythe selon lequel, polymorphe, elle changerait d’apparence comme de chemise. Il existerait donc plusieurs Madonna, mais raisonner ainsi serait faire insulte à l’intelligence de la star qui n’est pas aussi inconstante qu’on aimerait bien nous le faire croire. En parfaite femme d’affaire gérant sa carrière avec une réflexion quasi scientifique, elle investit chaque nouveau look peu avant chaque sortie de nouvel album, pour ne pas lasser ses fidèles.
Aussi, la revoir en accroc de la "Saturday night disco" peut laisser dubitatif un instant quand on sait à quel point sa vie remplie de mère et de businesswoman lui laisse peu de place pour des virées nocturnes en ces lieux. Pourtant cet énième revirement musical est le plus légitime de tous, le plus excitant et le plus jubilatoire également. Peu crédible dans le rap (le couplet rappé d’American life), meilleur dans le R’n’B (Human nature), le rock (Candy perfume girl) ou la ballade acoustique (X-static process), elle se réapproprie aujourd’hui un genre musical qui lui a apporté la gloire et qui lui sied à merveille, le disco. Imaginez, Madonna qui a connu quelques-uns de ses plus grands hits grâce à la dance/techno (Vogue, Holiday, Express yourself, Ray of light, Music), consacre un album entier à ses premières amours, avec douze titres enchaînés comme à la grande époque de son album remix You can dance (1987), douze morceaux absolument tubesques qui ont pour la plupart le potentiel d’un single (Warner ravi de l’accueil du dernier opus de la madone compte en sortir cinq !). Pierre angulaire de ses Confessions, Hung up a conquis la planète entière grâce à son incroyable efficacité, parvenant sans mal à nous faire oublier ses origines suédoises (Abba !) et publicitaires (ne l’a-t-elle pas écrite pour la pub pour les téléphones Motorola), mais il ne s’agit que d’une perle parmi tant d’autres. Future lovers, l’hommage au I feel love de Donna Summer, I love New York dans lequel elle loue la plus cosmopolite des villes américaines au détriment de Londres et Paris (et comme elle a raison !), Jump et sa mélodie que l’on croirait issue d’Immaculate collection, le premier best of de Madonna, sont de véritables bijoux, en plus d’être des machines puissantes conçues pour nous extirper de nos sièges ! Isaac qui mélange chants hébraïques et musique orientale est une curiosité qui nous rappelle le Shanti ashtangi de Ray of light, mais en mieux... Get together, annoncé comme le deuxième single, est un titre atmosphérique qui n’est pas sans rappeler le tube de Stardust, Music sounds better with you, en moins funk. Mention spéciale pour Sorry et Forbidden love, dont l’extrême sensibilité en fait deux purs joyaux.
En résumé, Confessions on a dance floor n’a rien du timide chuchotement au creux de l’oreille, c’est la sérénité et la joie de vivre portées au pinacle à travers un haut-parleur. Une pure bombe pour les clubbeurs néophytes et les pros de la scène de la nuit, l’un des plus beaux hommages aux rythmes synthétiques des années 70 et 80, un véritable condensé de nostalgie remarquablement ouvert sur l’avenir musical avec des sons électroniques pointus (la production de Stuart Price des Rythmes digitales, principal compositeur sur cet album, est miraculeuse). La reine de la pop restaure sa suprématie sur la génération qui monte (allez Britney, au placard !) et démontre à ceux qui l’avaient enterrée un peu trop vite que quarante-sept ans, c’est un bel âge pour une résurrection artistique...

peace hacker

 

 

 

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Lundi 24 octobre 2005 1 24 /10 /Oct /2005 00:00
USA, Alaska, Anchorage, 1994 : 36 Crazyfists se forme, c'est un groupe influencé par le Hard Core et un nouveau courant qui va devenir incontournable : le "néo-métal". Une démo, Boss buckle, en 95 et pas trop d'histoire pour ce groupe comme tant d'autres juque la mort de leur bassiste J.D. dans un accident de voiture en 96. Après un compréhensible passage à vide, le groupe décide de poursuivre son aventure, il est alors formé de Brock (chant), Steve et Ryan (guitares), Thomas (batterie) et d'un nouveau bassiste : Mick.
Comme il ne se passe rien en Alaska, le groupe tente sa chance en Oregon à Portland, Ryan lui ne suit pas ses potes... In the skin est leur premier album, il sort en 1997 et est autoproduit, la même année sort Suffer tree, un maxi qui démontre que le groupe progresse rapidement. La rencontre avec les Skinlab est décisive puisque ce sont eux, les Skinlab, qui vont aider les 36 Crazyfists à trouver un label. En 99, 4 titres sont enregistrés pour démarcher mais c'est sur scène qu'ils feront leurs preuves et seront signés par roadrunner, la scène, ils connaissent très bien, pour y avoir joué avec non moins que ProPain, hatebreed, suicidal tendences, (hed)p.e. et Primus ! Une fois signé, ils ont passé leur année 2001 à composer puis à enregistrer bitterness the star avec Eddie Wohl (Dry Kill Logic, Primer 55), c'est leur première prod' à sortir en Europe, nous sommes alors en avril 2002. A snow capped the mars, leur deuxième album sort au début du printemps 2004, ils ont mué pour se revêtir d'une deuxième peau qui leur va largement mieux...

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Samedi 22 octobre 2005 6 22 /10 /Oct /2005 00:00
Troisième album de l'icône massive attack après les chocs Blue lines et Protection, mezzanine s'annonçait un peu comme l'album de la maturité pour un groupe qui, en quelques années seulement, a su apporter du sang frais dans le monde des musiques éléctroniques. Après la surprise (Blue lines donc), puis la confirmation (Protection), ce nouvel opus était alors pour le trio une manière de laisser une trace indélébile dans l'histoire de la musique non plus comme un groupe qui aura renouvelé le genre mais comme une formation fondatrice du genre et qui aura su durer dans le temps. 
Bien plus froid que ses prédécesseurs, radicalement moins accessible, mezzanine est celui de l'évolution pour massive attack, le trio delaissent  les influences hip-hop et soul pour un electro plus sombre, torturé et au final  plus rock qu'auparavant. A ce titre, l'entêtant "Angel" qui ouvre ce troisième opus en apporte la preuve indiscutable, on est loin des "Safe from harm" ou "Unfinished sympathy" deux des titres phares de Blue lines.
Les textures presque indus de "Inertia creeps" ou la froideur clinique de la première partie très éléctro-rock glacial de "Dissolved girl" en atteste, le trip-hop de massive attack  version mezzanine  est plus brut de décoffrage et sans concession que les albums précédents du trio anglais. Encore quelques réminiscences hip-hop parsèment le titre "Rising soon" (Andrew Vowles, alias Mushroom ne quittera la formation qu'après la sortie de mezzanine) mais comme dit plus haut, ce nouvel album est bien différent de ce qu'a pu proposer le groupe par le passé.
Au détour d'un "Exchange" aux influences bluesy cotonneuses et irréelles ou du sentiment d'inéluctabilité qui caractérise tant le sublime et touchant "Dissolved girl", on se rend compte que Massive Attack a su à faire évoluer sa musique tout en gardant ce son inimitable qui fait que l'on reconnaîtrait un arrangement signé des anglais entre mille...
Jouant avec les paradoxes et en oubliant le très décevant et marshmallowesque (sic) "Man next door", le trio nous offre ensuite un "Black milk" fouillé et à la chaleur humaine retrouvée ; avant de nous asséner le coup fatal avec un "Mezzanine" éponyme sombre,electro et tortueux puis "Group four", un titre envoûtant à la précision milimétrée. Un peu plus de huit minutes de rock aérien à fleur de peau qui concluent l'album avec à l'esprit, l'idée que massive attack  n'a pas fini de nous surprendre, ni de nous émerveiller, ce que le groupe, pourtant réduit à sa plus simple entité, ne manquera pas de faire cinq ans plus tard avec le tres sombre 100th windows .

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Samedi 22 octobre 2005 6 22 /10 /Oct /2005 00:00

Ill nino a repris du poil de la bête ! Certainement pas convaincu que le lissage de leurs titres soit bénéfique (en terme de vente...), les revoilà avec un opus bien plus proche de revolucion revolution ! Les I will strike back de "My resurrection" ne sont donc pas des paroles en l'air et le titre est plutôt bien choisi, d'ailleurs one nation underground n'est-il pas non un aveu ? D'une certaine manière, on peut le comprendre comme le choix artistique d'un groupe qui s'est laissé tenté par une aventure plus commerciale qui n'était finalement pas à leur portée... L'autre lecture est bien entendu plus politique, ce n'est pas un hasard si les initiales donnent ONU... Même si les textes restent assez terre à terre... Retour aux sources et donc à l'espagnol, trés discret sur confession, il est ici présent sur presque tous les titres, seuls "What you deserve" et "Turns to gray" sont entièrement en anglais (et le court "Barely breathing" est anecdotiquement instrumental), ce choix n'est pas pour me déplaire, les sonorités hispaniques étant trés agréables et redonnent son identité première au combo. Et avec ça, Ill nino nous remet quelques couches de breaks de grattes latines du plus bel effet, alors ça peut sembler "facile" désormais, mais couplés avec les percus, ça donne beaucoup de relief à certains passages ("This is war", "De la vida", "All I ask for"). Quand tout le groupe laisse retomber la pression pour se poser un peu, on obtient de trés beaux titres comme "Everything beautiful" ou "My pleasant torture", qu'ils sont romantiques ces latins ! Mais Ill nino reste un groupe de métal et c'est bien pour leur côté véner qu'on les apprécie et si dans le bourrinage intensif, ils se perdent parfois à en faire trop ("What you deserve"), ils arrivent bien souvent à bien doser leur agressivité et à y incorporer des petites mélodies qui aérent le tout pour le rendre ultra-digeste ("This is war", "In this moment", "Violent saint"...).
On est maintenant bien habitué au son et au style Ill nino et avec one nation underground, on les sent de nouveaux sur de bons rails !

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Lundi 3 octobre 2005 1 03 /10 /Oct /2005 00:00
Surrender, sorti en 1999, restera vraisemblablement comme le meilleur album des Chemical Brothers. Le précédent, Dig your own hole, était beaucoup plus calme et comportait déjà des tubes tels que "Setting sun" (présent dans la bande son de Trainspotting) et le très dansant "Block Rockin' Beats".

 

L'une des particularités de Surrender, c'est le nombre impressionnant d'invités : Bobby Gillepsie de Primal Scream, Bernard Summer de New Order et de Joy Division (deux groupes phares de la période new wave), Noel Gallagher d'Oasis (et sa pop anglaise dans le pur style Beatles), Hope Sandoval de Mazzy Star (célèbre chanteuse folk qui a prété aussi sa voix sur le dernier album des death in vegas), et Johnatan Donahue de Mercury Rev (pour un son plus noisy). Ce n'est pas un pur hasard si chaque artiste représente un courant musical, car le but des Chemical sur Surrender était de faire un album qui retrace l'histoire de tous ces courants musicaux. C'est en quelque sorte un album hommage. Muni de tous ces ingrédients, le résultat ne pouvait du coup qu'être qu'excellent, ce qui est bien le cas. Nul besoin d'être un fan d'électro pour apprécier ces chansons psychdéliques et accrocheuses sur fond de gros beats.

Surrender débute donc avec "Music:Response" et sa techno-pop minimaliste et froide des années 70. Etrange. Vient un des titres phares de l'album "Out of Control" rappelant les heures de gloire de la new wave avec notamment en featuring Bernard Summer à la guitare et au chant. "Let Forever Be" aurait pu être un titre des Beatles si ces derniers avaient eu accès à l'outil électronique. On retrouve au chant Noel Gallagher, qui nous montre que rock et électro se marient très bien. Après ce petit bijou pop arrive, "The Sunshine Underground", qui est, de mon point de vue, le meilleur titre de l'album. Avec sa lente montée progressive, une intro durant près de quatre minutes avant d'atteindre son rythme de croisière. Une piste essentiellement instrumentale. Sublime.

On retrouve ensuite la voix planante et détendue de Hope Sandoval sur "Asleep From Day". Vous avez sans doute déjà dû l'entendre pour la publicité télé d'Air France. Très envoûtant. "Got Glint?", "Hey Boy Hey Girl" ainsi que "Surrender", sont des titres typiquement électro, voire house, parfaits pour bouger; ils rendent hommage aux années 90 qui ont vu l'explosion de la techno et des DJs. L'album s'achève sur le planant "Dream On", où l'on entend (enfin) une guitare, celle de Johnathan Donahue des Mercury Rev.

Surrender nous fait donc voyager dans le temps et dans les différentes vagues électro des années 70 à 90. Cet album, sorti juste avant le début du XXIeme siècle, est prophétique : le nouveau millénaire fera de la musique électronique sa musique officielle, avant que celle-ci n'envahisse tout simplement les autres courants musicaux.

Par Peace hacker - Publié dans : CG: chronique de groupe
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